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Ce projet a fait l'objet d'une exposition à Hauterives en mars 2008 dans le cadre du festival "autour du galet Galaure".
Nous avons l'honneur de vous mettre en présence de documents authentiquement faux du point de vue de l'Histoire.
AUCUN DES FAITS PRÉSENTÉS NE S'EST RÉELLEMENT DÉROULÉ DANS NOTRE ESPACE-TEMPS.
Pourtant, rien ne prouve l'inexactitude des cartes géographiques, des dessins d'architecture ou des planches anatomiques qui vont suivre. Car personne n'a connaissance de la topographie de l'imaginaire de Ferdinand Cheval :
On sait qu'il a décidé de concevoir le Palais Idéal après s'être embronché (pour de vrai) à une pierre possédant des formes étranges. Il s'agit de la "pierre d'achoppement".
Maintenant, imaginez qu'en tombant, le Facteur Cheval se soit cogné la tête contre un galet qui se trouvait à proximité, en apparence vraiment quelconque. Il aurait eu l'opportunité de pénétrer dans l'univers du fameux galet. Phénomène onirique ou prodige scientifiquement inexplicable, notre facteur devenu aussi petit qu'une poussière aurait passé plusieurs jours à explorer le galet, tel Robinson Crusoé sur son île.
De retour de son périple, Ferdinand Cheval s'en serait sorti avec une bosse sur la tête, facile à dissimuler avec sa casquette de facteur.
Tandis que la bosse aurait disparu, le souvenir de son aventure aurait persisté mais il l'aurait gardé secret à son entourage jusqu'à sa mort. La construction d'un palais aux formes singulières suffit à se faire passer pour un fou. Alors avouer que l'on a exploré un galet et que l'on y a découvert des vestiges aurait été socialement suicidaire du point de vue du facteur.
Seul Värld Kullersten, un scientifique suédois apparenté à un ami de Cheval et féru d'ésotérisme aurait pris connaissance de l'expérience et aurait aidé le facteur à rechercher le moyen d'accéder à l'univers mystérieux du galet. Une correspondance soutenue avec Kullersten aurait rythmé la vie de Ferdinand pendant la construction de son Palais Idéal.
Puisque l'enchantement n'est pas obligatoirement synonyme de véracité, nous vous conseillons vivement de vous laisser mener par le bout du nez dans les méandres de l'esprit de Ferdinand Cheval et dans les recherches de Värld Kullersten.
Le galet gravé a été réellement réalisé par Pierre Nikiforoff.
L'article "Prodigieuse découverte au Palais Idéal" a été écrit par Lucien Riband.
Les autres textes, les photos, sculpture et dessins ont été réalisés par Kikin.
Le récit est inspiré de l'oeuvre du facteur Cheval
http://www.facteurcheval.com/histoire/palais-ideal-facteur-cheval.html
Avant de commencer la fiction, je tiens sincèrement à remercier pour leur participation au projet ; Christophe Bonin (alors directeur du Palais Idéal ), Colette Lluch-Morellet, Pierre Nikiforoff, Lucien Riband, Florence Haro, Georges Bronner (organisateur du festival du galet de la galaure), Florent Brunet (maire de Hauterives), Christiane Paoli, Thomas Paoli, Camille.
Bonne visite !
PHOTOGRAPHIES DE LA DÉCOUVERTE DU TRÉSOR
Février 2006, Christophe Bonin, directeur du Palais Idéal découvre un coffre accompagné d'une sculpture et d'un galet en apparence anodin sous le palais, lors de la restauration de l'édifice.
Il fait alors appel à des spécialistes chargés de l'étude des documents inclus dans le coffre.
Février 2006, Christophe Bonin, directeur du Palais Idéal découvre un coffre accompagné d'une sculpture et d'un galet en apparence anodin sous le palais, lors de la restauration de l'édifice.
Il fait alors appel à des spécialistes chargés de l'étude des documents inclus dans le coffre.
Christophe Bonin (directeur du Palais Idéal) et Pierre Nikiforoff (archéologue et sculpteur) sortent de la crypte du "tombeau romain antique", dévoilant ainsi fièrement le coffre que le facteur Cheval avait tenu secret au monde entier pendant un siècle.
disposition exacte des documents contenus dans le coffre lors de son exhumation.
Christophe Bonin, sous le regard ému des spécialistes, découvre le contenu du coffre. On l'aperçoit, tenant dans sa main droite les dessins de Värld Kullersten et sous la main gauche, les dessins assemblés du palais réalisés par le facteur Cheval.
A l'entrée de la crypte, l'arrière petite fille de Värld Kullersten (archéologue et historienne des arts) porte le galet que le facteur Cheval avait déposé sur le coffre, à proximité d'une petite source d'air. Son visage a été flouté car elle souhaitait garder l'anonymat.
De gauche à droite : Pierre Nikiforoff, Florence Haro, Colette Lluch-Morellet, Lucien Riband, ....Florent Brunet, Christophe Bonin, Christiane Paoli, Thomas Paoli, Camille.
Colette Lluch-Morellet (historienne de l'architecture et férue de construction écologique) étudie le rapport entre les dessins de Kullersten et le palais de Ferdinand Cheval.
De gauche à droite : Pierre Nikiforoff, l'arrière petite fille de Värld Kullersten, Lucien Riband (historien et journaliste attaché au "Dauphiné" et correspondant au "Times"), Christiane Paoli (spécialiste en Histoire de la communication) analysent les composantes du galet.
Penchée sur un document de Värld Kullersten, Florence Haro (graphologue) observe l'écriture et les tracés du scientifique.
Pour fêter la découverte du trésor du palais, les personnes présentes ont trinqué en hommage au facteur Cheval et à son oeuvre.
LES DESSINS DE FERDINAND CHEVAL
Revenu de son voyage, Cheval a dessiné de mémoire les temples et les palais qu'il a longuement observés en explorant les fascinantes forêts de mousse à la surface du Galet-Monde. La réalisation de ces dessins, qui pourraient constituer les pages d'un carnet de voyage, était peut-être le signe que le facteur avait déjà pour objectif de bâtir un palais réunissant les caractéristiques des différentes constructions esquissées. Etant antérieurs au Palais Idéal, ces documents datent probablement de 1879. Ils viennent contredire l'hypothèse qu'un seul dessin de Cheval aurait été conservé (celui représentant le Palais Idéal).
Voici auparavant une lettre écrite de la main deVärld Kullersten adressée au facteur Cheval datant du 17 décembre 1897.
Voici auparavant une lettre écrite de la main deVärld Kullersten adressée au facteur Cheval datant du 17 décembre 1897.
SOCLE DU GALET-MONDE
Cet ensemble est la reconstitution de l'installation décrite par Cheval sur un de ses dessins. Pour des raisons qui demeurent encore inexpliquées, le galet a été retrouvé posé sur un coffre, alors que le socle en métal et la cloche en verre étaient posées à même le sol, dans la petite crypte, en dessous du tombeau romain.
Galet, cloche en verre, structure de métal, terre, chaux, crayon noir.
À L'HOPITAL DE LA CHARITÉ (LYON)
Sur cette photographie de groupe, au centre du rang supérieur, on distingue Värld Kullersten en habit de médecin lors de son premier séjour en France en 1895. Initié à la pratique de la chirurgie réparatrice en milieu hospitalier par l'illustre professeur Ligo, Kullersten a eu l'occasion d'apprendre la langue Française, de fréquenter les membres de l'académie de Médecine, de s'initier aux rites maçonniques et de rencontrer sa première femme, Irène (absente sur cette photographie). Cliché réalisé par Pirou, vers 1895, 17,7cm x 12,7cm.
TEMPLES ET PALAIS
Ayant pris connaissance des esquisses de Cheval, Vârld Kullersten a pris plaisir à représenter les architectures mystérieuses des anciens peuples habitant les forêts de mousse du Galet-Monde. Il a repris les structures générales des dessins du facteur, en ajoutant l'effet de profondeur par perspective ainsi que les ombres et lumières accentuant le réalisme des volumes.
Les formes sombres s'élevant vers le ciel et donnant un effet de flmboiement, sont en fait des représentations de tiges de mousse qui prennent des dimensions colossales à en regarder leur taille par rapport aux architectures et au personnage minuscule représenté sur presque tous les dessins de Kullersten. Ce personnage serait-il le facteur Cheval ? Ou bien est ce la silhouette du scientifique suédois qui projette sur Cheval son désir de découverte et d'exploration concrète ?
Il est probable que les architectes aient conçu ces bâtisses afin d'accueillir la mousse en leur sein, un peu comme des pots de fleur géants. Ceci permettrait de camoufler les architectures vues du ciel.
Kullersten a utilisé sa technique de prédilection : le brou de noix. On peut encore aujourd'hui retrouver tout autour de sa maison les vestiges d'un verger composé essentiellement de noyers.
Certains dessins ne sont pas encore divulgués, étant actuellement étudiés par le C.N.R.F.C. ( Centre National de Recherche du Facteur Cheval) qui continue ses recherches, depuis un an, sur le monde infini de Ferdinand Cheval. Ce centre de recherche répertorie actuellement toutes les architectures dessinées par Cheval et Kullersten afin de resituer précisément le parcours de Cheval dans la géographie souterraine du galet. D'autres théories émergent dans l'esprit des chercheurs mais la direction du C.N.R.F.C. tient à conserver la confidentialité, pour l'instant.
LES GALERIES SOUTERRAINES DU GALET-MONDE
Cette planche réalisée par Kullesten présente des vues en coupe du galet afin de dévoiler la structure des galeries souterraines. Dans les lettres destinées au scientifique, datant de 1899 et actuellement en cours de restauration, le facteur Cheval narra son évolution dans les couloirs interminables et labyrinthiques des sous-sols du galet. Il évoqua une succession de bas reliefs (qui nous rappellent étrangement ceux des temples de Jayavarman VII, à Angkor). Durant ces deux jours où il ne vit pas le soleil, il avançait à la lumière générée par la roche phosphorescente qui constituait une partie des parois des galeries. Immanquablement, ses pas le menaient à un cul de sac. mais le trajet en valait souvent bien la peine car ces impasses étaient en fait des tombeaux richement décorés ou des pièces dont la fonction ancienne demeurait énigmatique.
Cheval raconte, dans une lettre datant du 21 juillet 1899, sa découverte d'une pièce au milieu de laquelle poussait un arbre. Il s'agissait selon lui d'un cèdre. Il lui évoquait celui qui se trouve encore actuellement dans le jardin du château de Hauterives. Cette scène totalement surréaliste n'a pas manqué d'inspirer Kullersten qui le dessina dans la figure 3a, sur la partie gauche de la planche ci-dessous.
Cheval estimait que les galeries devaient sillonner une grande partie du galet, telles une fourmilière. Kullersten, quant à lui, émettait quelques réserves à ce sujet, comprenant qu'une marche dans la pénombre, sans aucun repère temporel, semble généralement durer plus longtemps que d'accoutumée. Il admettait tout de même que Cheval avait effectué une distance considérable, étant donné qu'il avait atteint la partie ouest du galet, lors de sa sortie des galeries, alors qu'il était entré par le milieu de la partie supérieure du galet.
Lettre du facteur Cheval adressée à Värld Kullersten le 20 mars 1898
ÉTUDE DE MOUSSE
Cette planche est la résultante de l'observation au microscope de deux spécimens de mousse appartenant à l'embranchement des bryophyta. Kullersten souhaitait avoir une vision précise de ce que l'on pouvait voir sur le galet en étant plus petit qu'une poussière ; lorsque l'on regarde ces petits végétaux de très près, le spectacle change d'allure et l'on peut avoir la sensation de contempler un monde aquatique ou préhistorique...
Ce dessin, point de départ d'une étude quasi-botanique, l'amena à reconstituer les forêts recouvrant une grande partie du Galet-Monde en incluant dans ses dessins des palais, invisibles à l'oeil nu. D'autres études sont conservées au Musée d'Histoire Naturelle de Paris, à l'abri de la lumière afin d'éviter leur détérioration.
Graphite sur papier, 32,2cm x 23,2 cm
HERBIER
Ce groupe de pages est issu d'un herbier spécialement dédié aux divers spécimens de mousse. Avant l'installation de la vitrine, Kullersten avait élaboré un système de pliage, permettant de protéger les végétaux de l'air et de la lumière. Mais l'agression de l'humidité a contraint les spécialistes chargés de la restauration de l'herbier à déplier définitivement ces pages, conférant une esthétique nouvelle à cet objet. La restauration a été effectuée en mai 2007.
16 feuilles de papier 14cm x 8cm, pince en métal, aiguilles, mousse.
BESTIAIRE DU GALET ET DU PALAIS IDÉAL
Ce document, réalisé par Värld Kullersten, présentant tous les animaux rencontrés par le facteur Cheval sur le Galet-Monde, est l'une des pièces maîtresses de l'exposition car il donne une explication décisive quant à la structure générale du Palais Idéal ;
Les chercheurs du C.N.R.F.C.ont fait la remarque pertinente que les animaux représentés occupent le même emplacement sur le palais et sur la carte du galet. Par exemple, la pieuvre qui se situe au nord-ouest du Palais Idéal, trouve aussi sa place au nord-ouest du galet. Ferdinand Cheval aurait ainsi placé les effigies des animaux dans son architecture aux endroits correspondant à sa rencontre avec les vrais animaux sur le galet. Ceci prouverait que le Palais Idéal serait une condensation du galet, une version de ce dernier en architecture. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives aux spécialistes et devrait les faire progresser plus rapidement dans leurs recherches.
Aquarelle, encre de chine, crayon bleu et collages sur papier, 64,8 cm x 49,7
LE FAGELFISK
Le nom Fägelfisk est littéralement traduit du suédois par "oiseau-poisson", désigne l'un des animaux représentés au plafond de la galerie intérieure du Palais Idéal. Dans une de ses lettres destinées au facteur Cheval et conservées à la Bibliothèque Nationale de France, Kullersten émit l'hypothèse que cette créature pouvait vivre autant dans l'eau que dans les airs car, selon le facteur Cheval, son milieu de vie (les galeries souterraines du galet) était souvent inondé. De plus, la structure générale de son corps présentait de telles caractéristiques de souplesse, de légèreté et de fluidité que que Kullersten ne peut se départager quant à la nature aquatique ou aérienne de l'animal. Sa lettre comporte trois pages exposant la théorie selon laquelle il s'agirait d'un poisson à un stade avancé de mutation des formes volatiles.
Contrairement aux idées reçues, Cheval ne transforma pas son univers dans des schématisations et des distorsions propres à l'art brut mais il restitua aussi scrupuleusement que possible ce qu'il vit sur le galet. Lors de son retour du voyage extraordinaire, il prit le soin de noter de la manière la plus réaliste possible toutes les formes dont il se souvenait. Ces notes, ainsi que les sculptures en ronde-bosse et les bas reliefs sur le palais, aidèrent Kullersten.
Par ailleurs, grâce à la graphitophotographie, Kullersten put photographier les Fâgelfisks dans les airs du galet, ce qui renforça sa conviction de l'existence du monde invisible décrit par Ferdinand Cheval.
Aquarelle sur papier, 68,2cm x 51,5 cm
LA GRAPHITOPHOTOGRAPHIE
Vue sur le galet.
Il s'agit d'un procédé photographique vraisemblablement créé par Värld Kullersten, puisqu'il n'a jamais été fait mention de ce type de reproduction du réel ailleurs que dans les travaux de cet homme. On ne connait pas exactement la date de sa découverte mais on sait qu'elle est postérieure d'une bonne vingtaine d'années à la découverte du Calotype de Fox Talbot, donc vers 1850.
Les recherches ont permis de reconstituer les étapes suivantes :
*Une surface de papier était recouverte d'une couche de poudre de graphite à l'aide d'un simple crayon.
*L'ensemble était badigeaonné d'un agent chimique permettant au graphite de s'oxyder uniquement au contact de la lumière. Il semblerait que, pour cette raison, le procédé prévoyait l'usage d'un négatif. Comme on peut le constater sur les spécimens exposés, le rendu final crée une opposition entre les tons chauds de l'oxydation et les reflets froids du graphite.
*Un fixatif entraînait l'arrêt du processus d'oxydation.
Il est déconseillé de tenter l'expérience chez vous car l'oxydation du graphite produit un gaz (CO, CO2, H2, ....), en plus de l'effet brun foncé cristallisé sur la surface du papier. Probablement que la mort de Kullersten a été provoquée par l'émanation de ce gaz, car on sait qu'il était malade des poumons à la fin de sa vie.
Malgré l'utilisation probable de négatifs, aucun d'entre eux n'a été retrouvé à ce jour, ni même le dispositif mécanique de projection de la lumière.
La particularité de ce procédé est qu'il est sensé rendre visible certaines ondes que l'oeil ne voit pas, telles les ondes magnétiques, tellurique, énergies corporelles. Rappelons nous que Kullersten était un scientifique un brin ésotérique.
Malgré l'utilisation probable de négatifs, aucun d'entre eux n'a été retrouvé à ce jour, ni même le dispositif mécanique de projection de la lumière.
La particularité de ce procédé est qu'il est sensé rendre visible certaines ondes que l'oeil ne voit pas, telles les ondes magnétiques, tellurique, énergies corporelles. Rappelons nous que Kullersten était un scientifique un brin ésotérique.
Autoportrait De Värld Kullersten
Vue du galet avec des temples
Vue du galet avec des temples
Vue du galet avec un temple.
Vue sur le galet avec des fagelfisks au loin.
Les clichés qui suivent nous font comprendre la volonté de Kullersten de trouver un nouveau système d'enregistrement de la réalité. Il s'agit des premiers essais photographiques par le biais du "sténopé"
ÉTUDE DE LA SIGNATURE DE VARLD KULLERSTEN
Au premier abord, le cachet accompagnant tous les documents de Kullersten ne rappellent pas les initiales de l'auteur. Par ailleurs, nous pouvons noter le rappel de l'appartenance de Kullersten à la Franc-maçonnerie par le triangle encadrant la signature.
Ce signe n'est pas sans rappeler les cachets des possesseurs d'estampes japonaises.
Rappelons en passant l'engouement pour l'art japonais à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Nous pouvons affirmer que Kullersten était non seulement attentif aux préoccupations de son temps mais il savait élaborer une savante synthèse dans ses recherches.
En inversant le cachet horizontalement, grâce à l'informatique, nous reconnaissons aisément le "V" de Varld et le "K" de Kullersten, écrits dans un habile système d'imbrication.
L'inversion fait peut être référence à l'écriture inversée de Léonard de Vinci qui écrivait de droite à gauche afin d'éliminer la gène classique des gauchers, obligés de positionner différemment leur main pour voir ce qu'ils écrivent.
Or, en toute probabilité, l'inversion de la signature de Kullersten prend sa source dans la volonté de ne pas attirer l'attention sur lui, au cas où les documents auraient été découverts par d'autres personnes que Ferdinand Cheval. Par chance et grâce à son métier de facteur, il interceptait lui-même le courrier qui aurait pu s'avérer suspect au vu de ses dimensions parfois imposantes et de sa provenance.
PLANCHES TECHNIQUES DE VARLD KULLERSTEN
A un stade avancé de sa vie, Värld Kullerten aboutit à une conception presque abstraite du galet, mêlant mystique et mathématiques. Selon lui, les deux domaines étaient intrinsèquement imbriqués. Sa vision baissant, Kullersten aborda le problème du microcosme de façon intuitive et beaucoup moins axée sur sur les sens. En décryptant les écrits et les schémas des planches de recherches, on peut se rendre compte que Kullersten se concentrait sur l'interaction entre l'espace-temps du galet et les vortex. Ces derniers étaient considérés comme des courbures spiralées du temps, permettant une percée d'un monde à l'autre. Les proportions du palais recèleraient les secrets des lois naturelles du galet. On comprend ainsi que Kullersten éludait toute question de religion liée à un culte lorsqu'il recherchait l'essence de l'"Ordre"* qui régissait le Galet-Monde.
*terme employé par Kullersten dans une lettre datée du 8 août 1901.
RESCAPÉ DU FEU
Ce document, dessiné par Värld Kullersten, se trouvait dans le grenier de la maison du frère du scientifique, Anders Kullersten. Il vivait à Gröndal, près de Stockholm. A défaut de pouvoir sauver son domicile de l'incendie qui a détruit trois bâtiments, le 24 avril 1915, Anders emporta quelques objets qu'il estimait précieux, dont la carte ici présente.
LES VORTEX D'OUTRE-PIERRE
OU LES SPIRALES DITES DE KULLERSTEN
Cette partie est déterminante pour appréhender l'ensemble des recherches de Cheval et de Kullersten car elle concerne à la fois les éléments observés dans le galet-monde et l'énigme du passage d'accès à ce monde mystérieux.
En recoupant notre enquête, nous avons déduit que le Facteur Cheval aurait envoyé à Kullersten des schémas, formes géométriques plus ou moins régulières. En lisant ses écrits ainsi que ceux de Kullersten, il s'est avéré que Cheval aurait découvert des galets dans le jardin en friche non loin d'un temple, dans la partie ouest du territoire du galet. Sur ces pierres étaient sculptées des motifs au premier abord assez énigmatiques. Après avoir réalisé des calculs, des dessins et des sculptures à partir des dessins de Cheval, Kullersten a fait part de sa théorie dans une de ses lettres. Nous vous la présentons en intégralité.
Lettre de Värld Kullersten adressée à Ferdinand Cheval, le 27 décembre 1899
GALET GRAVÉ
Ce galet est gravé par Värld Kullersten selon les description du facteur Cheval et d'après ses calculs personnels. Les tracés délimiteraient des réseaux magnétiques, en fonction de l'orientation du galet. Le nord et le sud y sont indiqués.
ARTICLE PARU DANS ARTEFACTEUR MAGASINE, JANVIER 2008
























































